GOODBYE LOVE

COMPAGNIE FRASQUES

Goodbye Love est un projet scénique au croisement de la musique, du théâtre et des arts numériques, inspiré par le répertoire américain de chansons sentimentales des années 1930, les « Torch Songs ». Relecture contemporaine de ce répertoire, ce concert théâtralisé a pour ambition d’explorer musicalement et scéniquement l’évolution de la psyché liée à la déception amoureuse ou à la perte de l’être aimé.

Durant la première moitié du XXème siècle, aux États-Unis, l’association de compositeurs et paroliers, souvent immigrés (George et Ira Gerschwinn, Richard Rodgers et Lorentz Hart ou Jerôme Kern et Dorothy Fields) a donné naissance à un immense répertoire de chansons populaires connu sous le terme de Great American Songbook.

Au sein de ce répertoire, les « Torch Song » se caractérisent par l’expression d’un amour contrarié ou non partagé. Soit la passion n’est pas réciproque, soit l’amour en question est perdu. L’origine du terme est liée à l’expression « to carry a torch for someone », soit « brûler d’amour pour quelqu’un ».
Les grandes interprètes féminines de « Torch Song » sont Mildred Bailey, Billie Holiday, Jo Stafford, Maxine Sullivan, June Christy, Chris Connor, Doris Day, Julie London, Anita O’day… Du côté masculin, Frank Sinatra ou Nat King Cole en sont les plus illustres représentants.
Dans son ouvrage, « Torch singing : Performing resistance and desire from Billie Holiday to Edith Piaf (Ethnographic Alternatives), l’essayiste Stacy Holman Jones observe que le « torch singing » est un phénomène plus complexe que la simple lamentation de la femme quittée auquel il est souvent réduit. Elle montre que les interprètes de « torch songs » insufflent à ces textes une dimension critique. Au-delà de l’expression d’un désir déçu ou d’un destin malheureux, l’auditeur est l’observateur de la naissance d’une détermination empreinte de résistance et de volonté de changement.

Suite au spectacle Johnny’s Scrapbook (dont L’ESTRAN fut coproducteur), concert dessiné qui mettait en scène la trajectoire du comédien « blackface » Johnny Hudgins, Goodbye Love est le deuxième volet d’un diptyque inspiré par les années 1930’. Pour autant, l’analogie entre les deux propositions s’arrête là tant leurs formes diffèrent. Le premier évoquait, par des moyens musicaux et graphiques, les débuts du cinéma ; le second met en œuvre des moyens musicaux mais aussi scéniques et vidéo pour explorer la psyché amoureuse.

À l’origine de ce projet, il y a une passion, partagée par Chloé Cailleton, chanteuse, Guillaume Hazebrouck, pianiste et Erwann Jan, musicien et metteur en scène, pour la part de répertoire du jazz issu de la musique populaire américaine dont l’exploration continue est une importante facette de la pratique des musiciens de cette esthétique.

En choisissant de travailler ce répertoire, l’intention des artistes n’est pas de le restituer dans sa forme originale et historique, mais bien d’en faire la matière d’une exploration contemporaine souvent en en conservant le dessin mélodique pour mieux en redessiner les contours rythmiques, les modes de jeu, l’environnement harmonique et sonore, voire les intentions. Pour cela, suite à un travail de transcription et de mémorisation, a lieu un travail de réécriture, en amont ou en répétition lors de séances de libre exploration du matériau.
Autre dimension non négligeable de ce matériau, le texte joue une part importante dans ces recherches. Élément souvent négligé par les musiciens, voire les vocalistes eux-mêmes, il recueille ici toute l’attention. En effet, à l’origine de ce projet préside le désir de donner à entendre ces textes à un public pas nécessairement anglophone par le truchement de moyens théâtraux, scéniques ou visuels.

À l’image des démarches que l’on peut trouver dans le champ des musiques anciennes ou baroques, mais qui sont moins fréquentes dans le jazz, les artistes ont joué aux archéologues musicaux pour redécouvrir et exhumer un ensemble de thématiques rares et méconnues, parfois sans postérité aucune, à l’opposé donc de ce qu’il est convenu d’appeler les « standards » du jazz.

avec
Chloé Cailleton Voix
Guillaume Hazebrouck Piano, Fender rhodes
Erwann Jan Mise en scène, Vidéo, Création lumière
Yann Nguema Programmation multimédia

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Le projet Goodbye Love est l’un des deux projets retenu dans le cadre de l’Appel à Projets Musique lancé par Musique et Danse en Loire-Atlantique pour la saison 2017-18. Production Compagnie Frasques, coproduction Le Petit Faucheux à Tours, soutien de L’ESTRAN Scène de la Ville de Guidel.

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photos © Stéphane Bellanger, et X/DR

dimanche 7 janvier — 17.00

DIM 07 JAN 17.00
— création —
durée 1h15 environ

0-10-13-16 € 

AVANT-CONCERT DU 4PLAY QUARTET à 16.30 DANS LE STUDIO

Le 4PLAY Quartet est un ensemble vocal dynamique et enthousiaste qui chante dans le style Barbershop. Il est composé de 4 musicien-ne-s polyglottes qui habitent tous en Bretagne sud.

Le Barbershop, qui est encore assez méconnu en France, se chante à quatre voix a cappella. Ce genre musical trouve ses origines aux USA au début du 20è siècle, quand des groupes d’hommes qui attendaient leur tour chez le barbier se mettaient à chanter et à harmoniser les standards de l’époque.
Aujourd’hui il se pratique dans tous les pays anglophones et en Europe du nord, même au Sri Lanka ! Il y a de nombreuses formations mixtes et féminines aussi.

Le 4PLAY Quartet s’est formé en avril 2016. De nouvelles chansons sont constamment ajoutées à leur répertoire. Le quartet propose des concerts très régulièrement, notamment dans des chapelles de la région, en soutien des associations, ou chez l’habitant. Les chansons rappellent plusieurs styles – jazz, gospel, doo wop, rock, pop, Broadway et country.