LE COLONEL BARBAQUE

+ LE CHANT DES SEPT TOURS

Théâtre Bleu

Christofer Bjurström (piano) et le comédien Pascal Guin retracent avec le chorégraphe béninois Marcel Gbeffa le destin d’un ex-Poilu dans les soubresauts coloniaux…

Quentin Ripoll a connu l’horreur des tranchées, la folie du feu et de la mort à l’affût. Il fait partie de ces hommes qui, la paix revenue, restent des âmes irrémédiablement brûlées, incapables de réintégrer le rythme lent d’une vie d’homme.
En mémoire d’un camarade — M’Bossolo — qui l’avait sauvé, il part à l’aventure en Afrique, s’adonne à des trafics, et bascule dans la rébellion contre le colonisateur français.« Je suis la guerre », répète celui que les insurgés ont baptisé Colonel Barbaque, et qui met tout son art à terroriser les garnisons et les caravanes au long du fleuve Niger. Mais le temps des indépendances n’est pas encore venu…
Prix Goncourt des lycéens en 2002 avec « La mort du roi Tsongor » et prix Goncourt 2004 avec « Le soleil des Scorta », Laurent Gaudé est l’auteur de cette nouvelle « Colonel Barbaque » qui est un prolongement de « Cris », son premier roman. C’est une œuvre majestueuse, épique et intime à la fois, sensible et tragique, engagée et bouleversante. Sa langue est belle à dire, tour à tour lyrique, âpre, simple, violente, tendre, nerveuse, ample, de celle des grands poètes de la scène, d’où il vient.
La création de ce monologue, dans le cadre d’une coopération franco-africaine, réunira le comédien et metteur en scène Pascal Guin, le compositeur Christofer Bjurström, et la danse du chorégraphe béninois Marcel Gbeffa.
Danseur chorégraphe basé à Cotonou (Bénin), Marcel Gbeffa découvre la danse contemporaine en 2001. Autodidacte, ce jeune artiste de 34 ans, a suivi des ateliers auprès de nombreux chorégraphes. Il crée sa première création solo en 2007 « Et si » et parcourt depuis les continents, présentant ses créations dans de nombreux pays (Botswana, Sénégal, Allemagne, France…). Lauréat du Visa pour la création 2013, un programme de l’Institut Français, il crée le solo « Derrière le rideau » qui fait une tournée africaine en 2015. Marcel Gbeffa aborde les sujets philosophiques et métaphysiques en puisant dans le quotidien et son vécu. Il travaille en collaboration avec de nombreux chorégraphes de toutes les nationalités.
Christofer Bjurström (ex-artiste associé à L’ESTRAN) et Pascal Guin sont bien connus du public de L’ESTRAN puisqu’ils y ont notamment répété et créé « Novecento : Pianiste » puis « J’ai tant aimé ce monde », rendant hommage à chaque fois à des auteurs emblématiques comme Alessandro Barrico ou Charles-Ferdinand Ramuz.
Laurent Gaudé est également l’auteur du poème choral « Le chant des sept tours » : c’est un cri, une plainte, une mélopée, l’évocation de ces cohortes d’hommes, de femmes et d’enfants d’Afrique qui, durant des siècles, ont été arrachés à leur village, à leur famille, à leur terre, à leur langue, pour être réduits en esclavage. Dernière « cérémonie » avant l’embarquement forcé, ils devaient tourner autour de « l’arbre de l’oubli » et franchir la « porte de non-retour ». Cet arbre symbolique devient ici un monstre, tout autant que cette entreprise pré-industrielle qu’a été la traite négrière. Ce poème en prose a le souffle et la force des grandes invocations.
A Guidel, ce sont des élèves du Collège Saint-Jean La Salle qui interpréteront cette œuvre courte sous la direction de Pascal Guin.

Production Théâtre Bleu, coproduction L’ESTRAN Scène de la Ville de Guidel. soutien de Scènes Vosges-Epinal et de L’Institut Français de Cotonou.

photos © Andrea Salam, Jorge Perez

jeudi 25 janvier — 20.30

JEU 25 JAN 20.30
— création —

durée 1h45 environ sans entracte
à partir de 14 ans

10-13-16 € – FAM 50 €