MECHANICS

Sylvain Rifflet – Quartet

En clôture du week-end consacré à Moondog, Sylvain Rifflet, artiste en résidence au Conservatoire en partenariat avec L’ESTRAN, présente avec son quartet l’opus nommé Meilleur Album 2016 aux Victoires du Jazz.

Avant-gardiste d’un jazz européen, le saxophoniste et clarinettiste Sylvain Rifflet a joué aux côtés de Kenny Wheeler, Michel Portal, Aldo Romano, Andy Emler, Hermeto Pascoal, Joey Baron, Alban Darche, Riccardo Del Fra, Jon Hollenbeck, Pascal Schumacher,… ou encore au sein de l’ONJ, du Pandémonium, du Sacre du Tympan…

Sylvain Rifflet a construit la musique Mechanics autour de ses influences — on peut citer pêle-mêle, Steve Reich, Moondog, Philip Glass ou Terry Riley — mais aussi autour du son hybride de ses compagnons de route à l’instrumentation singulière : les percussions de Benjamin Flament mélangées à la kalimba ou à la flûte de Joce Mienniel soutenues par la guitare électrique de Philippe Gordiani tissant ici et là des ambiances tantôt oniriques et déconcertantes, tantôt plus post-rock et ciselées, des illusions sonores singulières sur lesquelles le saxophoniste et clarinettiste pose son timbre si personnel se faisant tantôt lyrique, tantôt rythmique ou percussif.

La singularité du propos de Mechanics réside notamment dans l’absence de basse et de batterie, cette dernière étant remplacée par un assemblage de métaux traités. « …ce disque est vraiment le fruit d’un travail collectif avec mes « camarades de jeu ». Nous avons ensemble construit le son d’un groupe où nous cherchons avant tout « l’inouï » dans le sens premier du terme. En mélangeant les timbres singuliers des percussions de Benjamin Flament avec les instruments plus classiques que sont les nôtres ».

Le flûtiste Joce Mienniel porte les mélodies en parfaite combinaison avec Sylvain Rifflet. A la fois fin mélodiste au phrasé élégant mais aussi capable de produire des sons singuliers et d’apporter des éléments rythmiques à base de souffles, de bruits de clé ou de techniques étendues, c’est un expert et compagnon cher des phases de création.

Philippe Gordiani au son de guitare plein, aux riffs épais et boucles ondulantes, pouvant être rock ou bruitiste aussi bien qu' »ambiant » est un musicien éclectique, électro-acoustique aussi bien qu’improvisateur total. Compositeur pour la scène (théâtre et danse), il possède une très bonne conscience de ce que doit être la répartition du spectre sonore dans un groupe tel que celui-ci (sans basse).

Benjamin Flament, percussionniste hors pair, à la fois inventeur d’instruments métalliques, improvisateur chevronné et accompagnateur impliqué, c’est le créateur de l’environnement sonore du groupe par sa résonnance si spécifique à la fois garage ou industrielle et l’apport des éléments rythmiques et mélodiques.

Sylvain Rifflet, en orfèvre d’une machine rock/jazz et loin d’un monde industriel bruyant, déroule ce combo électro/acoustique en maître orfèvre d’une mécanique rayonnante de mesures exactes, de forces entre-croisées. Des vagues sonores addictives échouées dans une époque sans époque « où tous les contraires seraient harmonieusement possibles ».

Mechanics se place dans la droite ligne de son travail autour de la musique de Moondog. Il comporte d’ailleurs des reprises de 2 west 46st et de Elf Dance deux compositions du « Viking de la 6ème Avenue » arrangées pour ce projet.

 

Pourquoi « Mechanics ? »

La poésie et la littérature de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle décrivirent le plus souvent le monde industriel et ses machines comme des ennemis de l’art. Une autre littérature plus aimable, et ne pouvant se satisfaire de cette déshumanisation, les pensèrent alors intimement voués à l’homme comme chez Zola ou Pasolini. Puis la science-fiction imagina un monde futuriste inspiré des artistes et écrivains tels Jules Verne ou H. G. Wells. La machinerie dévoile alors son âme.
Il n’est donc pas anodin que Sylvain Rifflet ait choisi d’illustrer son album Mechanics d’un dessin de François Schuiten, écrivain et dessinateur rétro- futuriste, amoureux des ciels saturés d’engins volants et sphériques, des mondes conçus comme un voyage imaginé assez loin du temps et inspirés des saveurs du début de la science-fiction.
Un capharnaüm métallique d’anneaux astronomiques où le personnage en manteau rouge – héros volontairement vintage d’un monde à naître – illustre une galaxie musicale faite d’instruments de bois, de métaux, de boîtes à musique, d’objets « faits-maison » et évoque les « petits mécanismes » bien huilés, les constructions complexes et le désordre savamment organisé où rôdent Maurits Cornelis Escher et ses constructions impossibles. Ici la musique est conçue comme une utopie, une vision métaphorique d’un futur imaginé, où l’univers est fantasmé, onirique ou visionnaire.

Sylvain Rifflet : saxophone ténor, clarinette, boîte à musique artisanale
Benjamin Flament : percussions, métaux traités,
Philippe Gordiani : guitares
Jocelyn Mienniel : flûte, kalimba

photo © Sylvain Gripoix
création manteau : Tiphaine Martin

dimanche 08 avril — 17.00

DIM 08 AVR 17.00

durée 1h15 environ

0-10-13-16 € 

Le PROJET MOONDOG est une initiative menée conjointement entre L’ESTRAN et le Conservatoire de Lorient avec le soutien du Département du Morbihan reliant :
– la résidence de Sylvain Rifflet au Conservatoire de Lorient
– la conférence MOONDOG À TRAVERS LE XXÈME SIÈCLE du 31 mars
MOONDOG INFLUENCES  les 07 et 08 avril
MECHANICS de  Sylvain Rifflet quartet le dimanche 08 avril 17.00
RETROUVEZ SYLVAIN RIFFLET OU MOONDOG DANS LES ÉVÉNEMENTS SUIVANTS :
RÉSIDENCE DE SYLVAIN RIFFLET AU CONSERVATOIRE
À PROPOS : L’IMPRO AVEC SÉBASTIEN BOISSEAU le samedi 17 février à 15.00 au Conservatoire de Lorient
CONFÉRENCE MOONDOG ET LE XXème SIÈCLE D’AMAURY CORNUT le samedi 31 mars à 17.00
MOONDOG INFLUENCES les 07 et 08 AVR