SEPT

Jean-Claude Dreyfus et Guillaume Saint-James Quartet

Sept est une plongée dans l’enfer et le paradis du jazz, de la littérature et de l’humour, une relecture truculente des Sept péchés capitaux par le comédien Jean-Claude Dreyfus qui s’abandonne avec un quartet de jazzmen de haut vol à l’Orgueil, l’Avarice, l’Envie, la Colère, La Luxure, la Gourmandise et la Paresse !

Les péchés capitaux sont des péchés de « tête » (capita), cela ne signifie pas qu’ils sont plus graves que d’autres, mais plutôt qu’ils sont à même d’en entraîner bien d’autres. Les péchés capitaux ou non-capitaux ne sont donc pas à confondre avec les péchés mortels ou véniels, cette dernière distinction portant sur l’importance réelle du péché, sa capacité à « nous couper ou non de l’amour et de Dieu« .
Pour équilibrer, il existe « sept vertus catholiques » : la chasteté, la tempérance, la prodigalité, la charité, la modestie, le courage et l’humilité, avec la précision que ces vertus ne correspondent pas exactement à l’inverse des sept péchés capitaux… Les vertus théologales (d’origine divine), que sont la foi, l’espérance et la charité, sont complétées par les vertus cardinales (d’origine humaine), que sont la justice, la prudence, la tempérance et la force d’âme.

André Malraux aurait prophétisé notre XXIème siècle de « religieux » (parmi les interprétations multiples, on lui attribua une version avec « spirituel », mais il récusa ce propos pour préciser qu’il avait plutôt employé le terme « mystique »).
Alors, mêlant littérature profane et religieuse, croyances populaires et traités philosophiques, voici ré-exposés nos vices et passions pour mieux y plonger ou s’en défaire… À vous de choisir !
L’Antiquité, puis la culture chrétienne, ont largement disserté sur ces péchés à l’origine de tous les autres vices : L’Orgueil, l’Avarice, l’Envie, la Colère, la Luxure, la Gourmandise et la Paresse, ne constituent pas, pour nous hommes et femmes de notre siècle, de graves entorses à la morale ; leur liste peut même aujourd’hui prêter à sourire ! Les sept péchés capitaux ont pourtant nourri plusieurs siècles de littérature, de philosophie, de peinture,… et éclairent encore les débats ou les ébats d’une société qui se prend les pieds dans la morale…

C’est avec passion et curiosité que le compositeur Guillaume Saint-James aborde cet héritage culturel. Ce nouvel opus est né d’une commande d’un concerto pour accordéon par l’Orchestre Symphonique de Bretagne (cf. infra). Guillaume Saint-James en imagine tout de suite une version pour petit ensemble de jazz, et s’adjoint la complicité du truculent comédien Jean-Claude Dreyfus, donnant corps à une réjouissante sélection de textes choisis et interprétés par le comédien.

Difficile de résumer 47 ans de carrière de Jean-Claude Dreyfus… Il fait ses débuts dans le spectacle à l’âge de 15 ans, en se produisant comme illusionniste dans des hôtels et cabarets. Il suit plus tard les cours de comédie de Tania Balachova. Durant les années 70, il se fait connaître en se produisant en travesti dans divers cabarets, notamment en tenant la vedette de la revue La Grande Eugène. Il fait sa première apparition à l’écran dans un film en 1972, puis joue l’année suivante dans une comédie de Michel Audiard. Il collabore à quatre reprises avec Yves Boisset, donne la réplique dans des grands films à succès à des acteurs comme Jean Carmet, Jean-Paul Belmondo ou Jean Rochefort.
Outre ses rôles sur scène et ses apparitions au cinéma, il se fait connaître du grand public en interprétant une série des spots publicitaires pour les plats cuisinés Marie. Les années 90 et une collaboration avec les cinéastes Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro marquent un tournant dans sa carrière ; dans Delicatessen (1991), il incarne un inquiétant boucher, dans La Cité des enfants perdus (1994) il est présenté sous la forme d’un étonnant dresseur de puces. Il retrouvera Jean-Pierre Jeunet dans Un long dimanche de fiançailles (2004), et tourne la même année dans Deux frères de Jean-Jacques Annaud puis retrouve Jean-Pierre Mocky dans Le Bénévole en 2006. En habitué des projets tortueux, il est en 2009 à l’écran avec Philippe Noiret (entre temps décédé) dans le film tchèque Une trop bruyante solitude, où il croise notamment Baudelaire, Kant et même Jésus Christ.
S’éloignant un temps du cinéma, l’artiste participe à des téléfilms ainsi qu’à de nombreux courts métrages, remonte sur scène et écrit. Il met également en scène à la Maison de la Poésie un spectacle adapté des poèmes de Jehan-Rictus. En 2009, Jean-Claude Dreyfus est pour deux représentations le narrateur de l’Opéra Rock Anne de Bretagne d’Alan Simon au Château des ducs de Bretagne.

Avec le compositeur Guillaume Saint-James aux saxophones, nous retrouvons l’envoûtant Didier Ithursarry à l’accordéon. Nous avons reçu plusieurs fois ce musicien basque aussi discret que talentueux, sideman de luxe dans de nombreuses formations, époustouflant de virtuosité et d’émotion avec son piano à bretelles. Le maître incontesté de l’orgue Hammond, Emmanuel Bex, apportera la touche fantasque et groovy à ce quartet, avec le fastueux Guillaume Dommartin en maître de la rythmique.

Il était l’un des tout premiers artistes associés à L’ESTRAN, Guillaume Saint-James poursuit depuis une intense activité de compositeur. Sa capacité à faire sonner son sextet comme s’il s’agissait d’un grand orchestre lui vaut de répondre à plusieurs commandes dont Megapolis (créé à Guidel en 2012), point de départ d’une fructueuse aventure dans le domaine symphonique. En 2014, il crée Brothers in Arts pour l’Orchestre Symphonique de Bretagne, une oeuvre symphonique avec solistes de jazz, commande de l’Etat co-écrite avec Chris Brubeck à l’occasion du 70ème anniversaire de la Libération et de la Résistance, puis reprise avec succès par des orchestres symphoniques aux Etats-Unis (Californie, Floride, Connecticut, Caroline du Nord), en Angleterre et en France (Rennes, Lorient. Inspiré par les correspondances entre les arts, Guillaume Saint-James s’investit parallèlement dans d’autres projets : Le Tatiphone », hommage vidéo-jazz à Jacques Tati, et Jazz around the Bunker une relecture jazz des chansons de Serge Gainsbourg avec la chanteuse Lila Tamazit.
Depuis 2016, il commence une collaboration avec Omar Sosa en tant qu’orchestrateur et saxophoniste. En répondant à une commande d’un concerto pour accordéon et orchestre de l’Orchestre Symphonique de Bretagne (accueillie en avril 2017 à Guidel), il compose une œuvre étonnante sur le thème des 7 péchés capitaux, Sketches of Seven (clin d’oeil à Miles Davis), dont il imagine rapidement avec L’ESTRAN une version en quartet avec un comédien : Sept sera donc une création originale de L’ESTRAN pour sa dixième saison !

Une création originale de L’ESTRAN, scène de territoire de la Ville de Guidel, portée par l’association JAZZ AUX ÉCLUSES


photos © Olivier Denis, Guillaume Marics

jeudi 22 février — 20.30

JEU 22 FÉV 20.30
— création —

durée 1h30 environ
à partir de 14 ans

13-18-21 € – FAM 70 €