SONITA

Un film de Roksareh Ghaem Maghami
Iran, Suisse, Allemagne – 2015

Si Sonita, 18 ans, avait eu son mot à dire, elle aurait comme parents Michael Jackson et Rihanna. Réfugiée afghane, clandestine en Iran, elle habite depuis dix ans dans la banlieue pauvre de Téhéran. Sonita rêve de devenir une artiste, une chanteuse en dépit des obstacles auxquels elle est confrontée. En effet, sa mère lui réserve un tout autre destin: celui d’être mariée de force et vendue pour la somme de 9000 dollars. Mais Sonita n’entend pas se soumettre : téméraire et passionnée, elle bouscule les codes de cette tradition et décide de se battre pour vivre sa vie.

 

La réalisatrice iranienne nous évoque sa rencontre avec Sonita :
« J’ai rencontré Sonita grâce à ma cousine qui travaillait comme animatrice sociale au sein d’une ONG House of Affection qui milite auprès des enfants des rues et les orphelins. Elle m’a parlé de Sonita, de son projet de faire de la musique et de son besoin d’établir des connections dans ce milieu. J’ai alors rencontré Sonita. Elle était très ambitieuse. C’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à elle. Peu de temps après j’ai eu envie de faire un documentaire. Ce qui m’intéressait chez Sonita c’était qu’elle nourrissait beaucoup de rêves. Je ne voyais aucun avenir pour elle. Son destin tragique m’interpellait. Même si le gouvernement iranien la reconnaissait comme citoyenne, le gouvernement afghan, lui, ne la reconnaissait pas ! Elle ne pouvait pas obtenir de pièce d’identité, ni aucun papier. Elle ne pouvait pas non plus aller à l’école, ni voyager. Elle ne pouvait rien faire.

Je voulais faire un film qui aborde la situation difficile des jeunes immigrants en Iran, pour la plupart abandonnés à leur sort par leurs parents, une fois la frontière passée. Et puis j’ai eu envie de la suivre dans sa vie et d’observer ce qu’elle faisait de ses rêves. Je ne voulais pas spécialement engager le sujet du mariage forcé. Je savais que c’était une tradition courante en Afghanistan, mais ce n’était pas le sujet de mon film. J’étais plus focalisée sur les sujets de la discrimination, l’éducation et la justice… Mais par la force des événements, ce thème est devenu central.

Je ne voulais pas apparaître dans le film. C’est pour cela qu’on fait le choix de devenir réalisateur de documentaire, parce qu’on veut filmer d’autres personnes. Mais quand j’ai vu que l’ONG n’allait pas lui venir en aide, j’ai pensé que c’était important de le faire… Je devais réfléchir au processus de production et avant toute chose à la décision que je voulais prendre. C’est alors qu’il m’a semblé nécessaire que j’apparaisse dans le film, de devenir un personnage, autrement, cela aurait été très étrange que ses problèmes soient résolus de façon magique. Il n’y avait pas d’autres choix. J’y ai longuement réfléchi. J’étais convaincue que nous ne pouvions pas juste enregistrer, nous devions intervenir. »

Sonita Alizadeh a choisi le rap pour partager son message :
 » En fait je ne voulais pas spécialement devenir rappeuse, j’ai choisi le rap car c’était plus adapté que la pop musique. Je cherchais juste un moyen de partager mon histoire. J’avais tellement de choses à dire et le rap permet de dire plus de choses voilà tout. D’une manière ou d’une autre, j’étais prête pour ça !
C’était désormais mon tour après avoir été celui de mes sœurs d’être vendue, mariée de force, au nom de la tradition. J’étais choquée… J’allais devoir abandonner tous mes rêves, mon école, tout…. Mes amies. Je n’arrivais pas à le croire, quand m’est venue cette solution : j’étais dans le pétrin, j’analysais la difficulté de ma situation et à ce moment-là j’écoutais un morceau de rap. J’avais déjà écouté du rap avant mais sans vraiment y prêter attention. C’est là que j’ai réalisé que je pouvais utiliser le rap pour changer la société et j’ai trouvé que c’était le meilleur moyen pour partager un message important. »

Ne manquez pas ce film bouleversant et intense. Partagez-le avec des adolescents et adolescentes.

dimanche 29 octobre — 17.00

DIM 29 OCT – 17.00

durée 1h31
version originale sous-titrée
à partir de 10 ans

1 € (pas de vente en ligne)

réservez vos places en nous adressant un mail (ci-dessous). Attention, les places non retirées 15 minutes avant le début de la séance seront remises en vente…
E-mail : reservation@lestran.net