Love & Mercy

USA, Bill Polhad, 2015 | 122 min. VOST | di 11 oct

Année 1966. Californie. Brian Wilson, des Beach Boys, accouche quasiment seul du meilleur album de pop de tous les temps (c’est Paul McCartney lui-même qui le dit): Pet Sounds.
Trop souvent réduits à quelques tubes ensoleillés, les Beach Boys enregistrent alors l’un des albums les plus novateurs qui a influencé des générations de musiciens en commençant par les Beatles pour leur mythique Sgt Pepper Lonely Heart Club Band.
Derrière les mélodies irrésistibles du groupe de “garçons de plage”, il y a Brian Wilson, un surdoué torturé et complexé — n’ayant jamais surfé de sa vie par ailleurs — qu’une enfance compliquée a rendu schizophrène. Deux comédiens l’incarnent dans ce film de Bill Pohlad sorti en 2015 : Paul Dano ressuscite le génie musical de sa jeunesse et John Cusack ses années noires.
Brian Wilson n’a alors qu’une idée en tête : essayer de surpasser les mini-symphonies pop de Phil Spector ou le récent Rubber Soul des Beatles, et concevoir un album-concept dont les titres forment un tout, une histoire se déroulant de morceau en morceau. Une œuvre d’art totale.

Brian en a marre de parler de plage, de filles et de surf, la formule magique du succès des Beach Boys (seul Dennis Wilson était un réel surfeur). Brian refuse alors de partir en tournée en Asie avec le reste du groupe. Loin de la pression des concerts et de la promotion, il compose cet album sublime entre décembre 1965 et janvier 1966. Sans la compagnie des autres membres du groupe, le compositeur imagine des titres plus profonds.
Il enregistre les instruments tout en utilisant de nombreux effets comme l’écho, la réverbération, le doublage de certaines lignes de basses ou de clavier. Pour Brian Wilson, le studio est un instrument en soi avec lequel il improvise pour tenter de donner vie à ce qu’il entend dans sa tête.
À leur retour de tournée, le reste des Beach Boys est déconcerté par cette œuvre si différente de leurs précédentes productions. Malgré tout, ils se mettent à l’enregistrement des parties vocales. Pet Sounds est enfin prêt avec treize titres puissants et novateurs dont God Only Knows (la plus belle chanson d’amour jamais écrite selon le même Paul McCartney). Comme le lui reprochera son acolyte et cousin Mike Love, Brian commence à faire carrière en solo, les Beach Boys ne servant plus que comme marque et chœur d’appoint.

Dans ce long-métrage introspectif du génie musical, les sessions de Pet Sounds, Good Vibrations et Smile (album avorté qui ne sera achevé que trente-cinq ans plus tard) y sont rendues à la quasi-perfection : les ébauches de morceaux, les pistes musicales sans voix, les chœurs a cappella, les idées et visitations de Brian et leurs mises en son par les musiciens, le son cristallin des instruments et des voix…


Vous l’aurez compris, Love & Mercy n’est pas un biopic doré sur les Beach Boys. Il nous plonge au contraire dans les périodes essentielles de son créateur majeur, Brian Wilson ; celle où il a accouché de chefs-d’œuvre mais perdu le contrôle de sa vie, puis celle où il a repris le fil de la musique et de son existence…


Réalisation : Bill Pohlad
Production : Bill Pohlad, Claire Rudnick Postein & John Wells
Scénario : Oren Moverman & Michael Alan Lerner
Musique originale : Atticuss Ross
Photographie : Robert Yeoman
A River Road/Battle Mountains Films Production


Distribution :
Brian Wilson (60’s) : Paul Dano
Brian Wilson (80’s) : John Cusack
Melinda Ledbetter : Elisabeth Banks
Eugene Landy : Paul Giamatti
Mike Love : Jake Abel
Carl Wilson : Brett Davern
Dennis Wilson : Kenny Wormald
Al Jardine : Graham Rodgers
Murry Wilson : Bill Camp
Audrey Wilson : Joanna Going
Marilyn Wilson : Erin Maya Darke
Carol Kaye : Teresa Cowles
Hal Blaine : Johnny Sneed
Tony Asher : Jeff Meacham
Van Dyke Parks : Max Schneider
Chuck Britz : Mark Linett